Turn on the light.



Prérogative permanente

Prie moi d'être dépréciative
Pour la première présomption
Je présente mes prières.

Ecrase moi entre tes doigts
Allume moi pour la dernière fois
Et ensuite, loin, très loin jette-moi.
Et surtout ne reviens pas.

Tu veux me faire croire à la sincérité
Encore une fois je me serais trompée
Faire confiance, plutôt crever
Je ne souffrirais pas encore pour m'amuser.

Soyons ceux que nous voulons
Les enfants que nous cherchons
Je ne prendrais pas pour un con
Le temps qui m'apporte la solution.

Il faut savoir s'écouter, s'entendre
A ne jamais l'avoir fait, je me suis perdue
Mais cette fois, je ne serais pas tendre
Je viendrais et si tu pleure, je te tue.

Eteins la lumière, et pleure de terreur
Ou accepte que c'est la dernière fois
Ou toi et moi pendant des heures
On se parlera de notre pourquoi.

Nous n'avons plus besoin de toi.



C'est ton tour ?
VAS T'EN.
Pars, foutue traînée.
Regarde toi les faire souffrir.
Regarde toi dans tes mensonges, dans tes délires.
Parler, se taire, se taire parler.
Mes mots ne sont que du poison.

Je veux ressentir la colère.
Suffoquer de rage.
Marquer la peau à coups de ciseaux cranteur.
Laissez la trace de la honte.
De la peur.
Je ne suis qu'à jeter.

Etouffe-toi.



Le piano est froid.

La lame glacée.
Le temps brumeux.
Le sang chaud.
La tête lourde.
Le coeur serré.
Le cerveau meurtri.
Le corps prisonnier.
L'âme épouvantée.
La cigarette amère.
La musique douloureuse.
Les vêtements mouillés.
Les cheveux fatigués.
Les bras aphasiques.
La maison déserte.
Le temps inaltérable.
Les pensées innombrables.
L'espoir inexistant.
La fin plombée.
Le film connu.
L'envie abusée.
La mort profonde.
La peau déchirée.

En l'espace d'une seconde, autant d'adjectifs à comprendre, gérer, avaler.
Tellement de dimensions, de détours et contours à prendre en compte.
Mon cerveau m'a lâchée…

Pic et pic et colegram….



Premier jour de jeûne.
Tenir jusqu'à lundi soir.
Et ensuite la faim sera loin.
Trop vomi, trop saigné ces derniers jours.
Nécessaire à perdre ces kilos qui me hantent.

Regardé le petit déjeuner avec dans les yeux la lueur de défi
que devait avoir Vercingétorix à la bataille d'Alésia.

Dingue comme l'idée de s'exploser le cerveau m'est jouissive.

Je débloque vraiment ces derniers jours…

T'as dit que tu me parlerais plus.
Que tu m'écrirais plus.
Et que tu veux plus de moi.

Ca fait mal ?
Ca fait rien ?
De toute façon, on mourra tous demain.

Et on se reverra bientôt.

Serre moi fort.



Dis moi, pourquoi ma tête ne tourne pas ?
Dis moi trésor, pourquoi mon coeur ne bats pas ?
Y'a t'il une raison à ma tristesse, qui ne me quitte plus ?

Je me suis mise à pleurer, de l'avoir vue si belle.
J'aurais du être heureuse, et la jalousie m'a ouvert le ventre.

Devenue si superficielle…
J'ai tant aimé ce corps décharné.
Cette peau lacérée.
Ces bleus qui refusaient de guérir, preuve inaltérable de ma souffrance,
et de mon corps en destruction.
Pourquoi manquer de ça ?
Pourquoi s'attacher autant à avoir mal ?

Je les rêves en silences, ces instants si durs.
Ou j'avais l'impression douce et chaude de ressentir quelque chose.
Mon cerveau a été pourri, renversé par tous ces médicaments que je refuse de
prendre, pour sentir la douleur en pleine figure, comme un vent glacé d'automne
cinglant.

Je voudrais avoir mal.
Et ne même pas avoir honte de le dire.
Je veux sentir.
Pincer mon coeur jusqu'au sang,
Sentir couler ce liquide chaud et rassurant, qui me dit que je suis un peu plus qu'un cadavre.

Ce matin, au travail, j'ai senti le bonheur.
Venu me chatouiller les cheveux.
Sensation que je ne connais que trop peu.
J'ai eu tellement peur que je me suis mise à pleurer, cachée dans la chambre froide,
pour qu'on ne remarque rien.
Une minuscule tarte aux poires que mon chef m'avait laissé, pour me faire plaisir.
Je l'ai maudit. Voulu me faire plaisir, je me suis trouvée ridicule, avec 50 grammes de honte
posés dans ma main.  Je l'ai jetée. Respiré un grand coup. Chassé loin de moi cette sensation
de bien-être qui m'a plus fait mal qu'autre chose.

Je suis surement destinée à ne jamais guérir.

Vais voir ma Juliette dimanche.
Elle saura me botter le cul, et me dire de m'accrocher.
Et comme à chaque fois, je lui sourirais, lui promettant ce que je ne saurais
tenir. Mais je veux la voir heureuse, je veux qu'elle croit en moi, même si je n'ai
plus aucun espoir. De vie, de clinique, de guérison, de paix.

Que ma tête tourne… et que je m'écroule sur le sol, de n'avoir plus mangé
depuis des jours. Perdre connaissance, me réveiller, le bracelet blanc autour du bras.
Une infirmière qui me sourira, sans rien savoir de ma vie.
Peser moins lourd que ma petite soeur, pouvoir m'envoler dans un souffle de vent.
Trois kilos en deux jours. Méthode toujours efficace, j'aurais du y penser avant.
Je vais me détruire trois fois plus vite, mais je m'en fous.
J'essaierais de croire dans tous ces moments qui me restent.
Sans rien espérer d'autre.

Je ne veux pas guérir.
Tant pis si vous me haïssez de dire ça.
Mais je n'ai plus aucune force, et la fatigue a fini par me tuer.

Du « Sert à rien », ça fait du bien.



Cinq heure du matin
Le réveil a pris une claque
Dommage, la chanson était bien

En plus j'ai rien
A mettre, pour les flaques
Serais trempée sur le chemin.

Maman était pas réveillée
Ca lui ressemble même pas
Elle est arrivée complètement sonnée
Les yeux rouges comme des tagadas.

Pour la peine y'avait pas de café
Alors je me suis résolue
A boire du lait, mélangé
Au chocolat, je le ferais plus.

Pas mis les mêmes chaussettes
Oublié une chaussure sous le lit
Me suis arraché les cheveux de la tête
Après trois fois les escaliers sans bruit.

Se réveiller dans une maison qui dort
Quand on est un éléphant
Croyez moi ça tient du record
Je voudrait un oscar maintenant.

Parce que je suis partie
Sans que personne se réveille
Sûre que j'ai pas menti
Je suis une petite merveille.

De douceur et de délicatesse
De grâce et de politesse
Après autant de compliments
Que je me fais en m'étouffant
Je vais allumer ma cigarette
Parce que ca devient indécent
Autant de conneries en quelques lettres
Je suis un carnage et je m'en défend.

Je suis pas capable et je l'avoue
De faire doucement, de faire du tout
Tant pis si on m'entends jusqu'à Sidney.
Il sauront comme ça d'où vient le danger.

Deux kilos en un jour, j'ai enfin trouvé le truc…

Coeur de silence.



Un.

Hein ?
Raisins.
Coupe-faim.

Carrés d'as, saisie
Pirate, d'histoire de vie
Mes études, et mes oublis
Solutions à des problèmes suivis.

A quand les prochaines et froids tristesses
Je voudrais faire des milliards et millions de tresses
Regarder mes cheveux comme avant, s'éparpiller avec tendresse
Sur l'oreiller, et me retourner, trouver à mes côtés une envie de justesse.



Barricadons-nous petite princesse, dans nos rêves encore intouchables
Ce soir, demain, je te promets que je n'irais pas m'asseoir à table
Je regarderais le monde devenu tellement intraitable
Maman, il est tellement lourd mon cartable.

Vingt-quatre heures et demie à survivre
Je me fais encore poursuivre
Toi, tu veux vivre ?
Quelle dérive…

En contre-bas.
Oui, déjà.
Moi.
Là.

J'ai faim.



Mon petit jeu se construit à merveille
Dans leurs yeux langoureux se lit la satisfaction
Je souris amusée, meurtrie, question de temps
Tromper l'ennemi, pour mieux trahir.

Soyons ceux qu'on craint
Soyons ceux qu'on ment.
Coups de poignards au creux de mon ventre
Vos sourires me défigure.

Mal de ta main, légèrement claquée sur ma joue
De cadavre attendrissant, tu m'as trouvée jolie
Je me fous de tes avis, des leurs et j'avoue
Peu de temps encore à faire semblant ici.

Mais tout ça passera
Surement inaperçu
Je n'appelle pas
Je suis perdue.

Petits mensonges agréablement réussis
Je retrouve ma comédie, que je pensais finie
Je désagrège l'intérieur, recouverte de caramel
Pour faire croire au sucre, sur la couche de fiel.

Chantez, la fin, croyez au mieux
Je n'aurais rien à reprocher
Parce qu'au fond de mes yeux
Il n'y a plus rien pour s'inquiéter.

Enfin, tu es là…



Dans un souffle hivernal, calcinée de frissons
J'ai senti sous mon pull, ton entrée hors saison
Tu savais à quel point, je t'attendais tout bas
A la poubelle, l'automne, octobre, te voilà.

Tu te rappelle combien, je t'attends chaque année
Quand arrivent en chemin, les premiers souffles glacés
Pas si tôt, je dois l'avouer, mais n'est pas pour me déplaire
Je suis tellement heureuse, de me croire en hiver.

Dégradés de soleil, qui se fond sous le froid
Tu n'as jamais ta place, et pourtant tu es là
T'engouffrant en silence sous les laines indignées
Comme j'aime sentir mes mains froides, inanimées.

Détraqueur de repères, je m'en fous après tout
Je ne sais déjà pas, si je tiens le bon bout
Je remonte la ficelle, des années qui se trainent
Je me trouve presque belle, dans tes nuages de porcelaine.

Reste avec moi, jusqu'en février
Un peu plus, si tu ne veux pas t'en aller
Quoi qu'il en soit, je suis là pour t'aimer
Même si les autres voudrait te voir briller.

Reste sombre, glacé, vivant par les rougeurs
Que tu peins silencieusement, le matin à six heures
Quand je pars comme une ombre, dans le monde endormi
Sur mes joues abimées, mes yeux qui pleurent, mon ami…

Promets-moi, bientôt…



J'ai vu le ciel s'alourdir
Il essayait depuis si longtemps
De rester clair, sans s'assombrir
Mais je savais que viendrait le temps.
Ou la bulle de cristal qui me protégeait
Pleine de fissures et de blessures
Finirait par exploser, je me doutais
Que je sentirais l'éclaboussure.
Les morceaux de verre se sont plantés
Sur ma peau à peine cicatrisée
Je n'ai rien cherché à retirer
Juste laissé le sang doucement s'amuser.
Les bleus sur mes poignets m'empêchent d'écrire
Mais je dois recommencer, souffrir, me punir
Je n'avais pas qu'à tout détruire
Qui sait, si je meurs assez, il pourra redevenir…
Redemander pardon, j'ai voulu oublier
Mais on n'oublie jamais ce que l'on doit
Un jour ou l'autre, il faut rembourser
Ce que l'on a pris, sans aucun droit.

Je paierais, ne t'en fais pas.
Et ensuite, le coeur léger
Je m'en irais, il ne restera
Que les cicatrices que j'ai causé.