
Me couper à la cigarette.
Fumer mon cutter.
Avaler le plastique de la boîte.
Dans ma tête, depuis trop et tellement de jours
Des souvenirs si pesants, si lourds
Je suis incapable de regarder le passé
Sans d'un coup me mettre à pleurer.
Je n'arrive plus à vivre en regardant devant
Ce que je croyais loin derrière, si présent
Doucement, comme une fleur fânée
Ma mémoire commence à me rappeler.
Les contours.
De ton visage.
De notre maison.
De nos habitudes.
De notre vie.
Explosée.
En mille morceaux.
Mon coeur, meurtri
Notre histoire, anéantie.
Ou sont passés les projets
Dont on parlait, dont on rêvait ?
L'hopital.
Le retour.
Toi, ma peur viscérale de te revoir.
Toi, loin aujourd'hui.
Surement dans une autre vie.
Je suis devenue sourde
A toute forme de douleur.
Petit fille, je suis gourde
D'essayer de réparer mon coeur.
Dans la chaleur et la peur de la nuit
Je me retrouverais ce soir dans mon lit
A parler avec les fantômes de ma vie
Avec l'angoisse dont je me nourris.
Réponds moi. Réponds moi docteur.
Je ne sais pas combien de temps ma tête,
Arrivera à se mentir, croyant que tout va bien.
Je ne sais pas quand la défaite
S'incrustera dans la paume de mes mains.
Je me griffe sur les graviers
Je découpe les coloriages sur ma peau
A défaut d'avoir du papier
J'écrirais une jolie fin dans un verre d'eau.
Me brûle l'angoisse… m'étouffe.








