Je ne veux pas me rappeler.



Me couper à la cigarette.
Fumer mon cutter.
Avaler le plastique de la boîte.

Dans ma tête, depuis trop et tellement de jours
Des souvenirs si pesants, si lourds
Je suis incapable de regarder le passé
Sans d'un coup me mettre à pleurer.
Je n'arrive plus à vivre en regardant devant
Ce que je croyais loin derrière, si présent
Doucement, comme une fleur fânée
Ma mémoire commence à me rappeler.

Les contours.
De ton visage.
De notre maison.
De nos habitudes.
De notre vie.

Explosée.
En mille morceaux.
Mon coeur, meurtri
Notre histoire, anéantie.
Ou sont passés les projets
Dont on parlait, dont on rêvait ?

L'hopital.
Le retour.
Toi, ma peur viscérale de te revoir.
Toi, loin aujourd'hui.
Surement dans une autre vie.

Je suis devenue sourde
A toute forme de douleur.
Petit fille, je suis gourde
D'essayer de réparer mon coeur.
Dans la chaleur et la peur de la nuit
Je me retrouverais ce soir dans mon lit
A parler avec les fantômes de ma vie
Avec l'angoisse dont je me nourris.

Réponds moi. Réponds moi docteur.
Je ne sais pas combien de temps ma tête,
Arrivera à se mentir, croyant que tout va bien.
Je ne sais pas quand la défaite
S'incrustera dans la paume de mes mains.
Je me griffe sur les graviers
Je découpe les coloriages sur ma peau
A défaut d'avoir du papier
J'écrirais une jolie fin dans un verre d'eau.

Me brûle l'angoisse… m'étouffe.

Innocences.



Le vent n'est ni froid, ni chaud.
Dehors, je n'entends pas les oiseaux.
Dans mes oreilles, le bruit de l'eau,
Il fait sombre dans mon bateau.
Je suis partie ce matin
Si tôt, dans le bruit d'un rien
Le monde endormie m'a pris la main
Pour m'emmener sur le chemin.
Je n'osais à peine respirer
De peur de réveiller
Le monde complètement noyé
Dans cette lumière étrange, inexpliquée.
Assise sur le trottoir, ma cigarette se perd
Dans une volute de fumée, oui j'exagère
Promis, celle-là sera la dernière.
Ou l'avant dernière…
Tout semblait si irréel
Je me suis trouvée belle
Dans un ensemble de choses parfaites, là
Ou le jugement, l'appréciation n'existent pas.

Le temps d'une respiration
D'un souffle dans le cou
J'ai aimé la sensation
D'aimer vivre, d'un coup.

Tout s'est effondré dans l'angoisse
Qui a suivi mon petit bonheur
Mais jamais je ne me lasse
De regarder le monde dans ses belles heures.

Dans une lumière d'apocalypse à venir
J'ai fermé les yeux, espérant fort
Que le monde s'écroule, sans se détruire
Et que sans le savoir, mon corps soit mort.
Pour ne plus vivre qu'avec mon âme, mon sourire
Sentir la chaleur dans un coin de mon esprit
Etre libérée de la chair qui ne fait que me salir
Et n'exister que dans l'idée d'une pensée à venir.

Prenons soin de nous.
Prenez soin d'eux.
Nous ne savons pas de quoi
Demain sera fait.
Alors reste là, avec moi
C'est parfait.

Massive Attack



Première note, c'est un Korg, je pense.
J'en suis même sure.
Le son m'embrase, les basses secouent mon coeur dans tous les sens.
Le rythme lancinant est une couverture de chaleur, douceureuse transe
qui m'emporte. Passe une première heure ou ma tête s'enfonce dans les méandres
d'une musique lourde, pesante.
Je n'ouvre pas les yeux, l'odeur et la fumée du shit allumé à côté de moi enivre
mes sens, elle fume à s'en rendre malade, perdue dans une sorte de nuage vaporeux.

Je reconnais cette chanson. Je l'ai tellement écouté.
Je veux voir l'artiste, le regarder jouer sur son piano.

Et le choc me tape sur la tête.
Derrière les musiciens, sur le mur.
Des centaines de mots qui défilent.
Comme à leur habitude.
Mais je n'y étais pas préparée.

Torture, sang, viol, cicatrices, silences, je te prendrais, je te briserais.
Capuche, absence, silences, muette, peur, frayeur.
Torture, torture, sang, viol, abusée, viol, torture…

Défilent sur des lettres lumineuses dans tous les sens.

Mon coeur s'enflamme d'un coup. Happée, digérée par ces écrits
qui ne sont pas de moi. Me voilà face à ma vie, face à ces mots,
qui ne sont pas de moi.
Qui ne sont pas de moi.

Mes mains s'accrochent à mes bras. Je ne m'en rends pas compte,
pas encore, mais je viens d'enfoncer mes ongles dans la peau.
Les bords de mon bracelet d'argent s'enfoncent dans la chair, laissant
derrière eux des traînées rouges, des griffures qui laisse suinter ma peau.
S'écoule tout doucement le trop qui ne sort jamais assez.

Et j'entends. Mon prénom. Prononcé trois fois.
Je croyais que c'était lui. Pourtant non.

Cette voix sort de nul part.
Je ne sais pas qui m'apelle.

Je me sens observée, plus tranquille.
La sérénité macabre de l'instant me quitte.

D'un coup, ma force me quitte.
Mes bras tombent, s'échouent le long de mon corps.
Et viennent caresser mes hanches.
Je sens la peau, la chair.
Outrancière.
Intruse.

Je suis en colère.
Il ne m'a pas laissé finir.
Saigner jusqu'à la paix de l'âme.

Je ne sais plus, ensuite.
Je ne me rapelle pas.
J'ai fait mon plus beau sourire.
Ecorchée vive, dans une foule trop nombreuse.
Fais semblant, comme toujours.

Et je m'en suis sortie.
Vivante.

Sérieusement ?
J'aurais voulu y rester, couchée sur le sol de la salle de concert.
Piétinée par l'ignorance de tout ce monde, qui ne m'aurait pas vu,
et qui aurait marché sur moi, me délivrant de cette prison ou mon esprit
est en train de mourir.

Torture….

Love actually.



Petit gariguette,
Qui a mal ce soir au coeur de la tête
A peine 48 heures loin de toi,
Et tu me manque, trop je crois.

Sur un semblant de piano
Qui résonnait dans ma tête
Je t'ai regardée, les yeux plein d'eau
Tu es belle ma J……

Après ces deux jours impossibles
Ce voyage que je croyais infaisable
En sautant dans les flaques, inaccessibles
Il y avait toi, moi, elle, nous, indémodables.

Les rencontres n'en finissent de me passionner
Après des jours, des mois, même des années
C'est un bonheur de constater
Que rien n'a jamais changé.

Il y en a tellement qui m'ont déçu
Tellement qui me blesseront encore
Mais au milieu de ces cicatrices que j'ai tu
Mes amours, au coeur d'or.

Merci à ceux qui ont su comprendre
Que ce n'est que ma douleur qui m'éloigne de vous
Mais que mon coeur n'aspire qu'à vous apprendr
Que je vous aime, par dessus tout.

Tu vas te taire oui ?



J'AI MAL.
STOP.
Tu vois pas ?
Tu vois rien ?

Toi, et toi, et vous aussi.
Vous ne voyez pas que je ne tiens pas le coup ?
Que je m'effondre ?

Bordel, il vous faut quoi ?
Mon suicide dans un plateau de fruits de mer ?
Entre des huitres et une langoustine pour apporter de la finesse à tout ça ?

Des appels par centaines, des reproches, des réflexions.
Des conseils, des « moi j'aurais pas fait comme ça ».

Ok je vous la laisse ma vie.
Faites comme bon vous semble.
Moi j'en veux plus.

Vous me faites mal.
Et je dois sourire de votre présence.

Bravo.
Je suis une belle conne.

Soporifique cigarette.

A genoux dans les toilettes dégueulasses
Je me demande ce que je fous ici
Les doigts au fond de la gorge, engoncée dans des chiottes crades d'un MacDo à moitié désert.

C'est d'un ridiculement pitoyable.

Je crève d'envie de me couper.
D'ouvrir ces veines qui me narguent en sortant comme des autoroutes.
Besoin de sang, de rouge, de vermillon glacé…

Je n'arrive pas à te pardonner.
Et c''est bien la première fois.

Emploi du temps bien chargé.



Première crise d'angoisse à 7h32.
Seconde 8h14.
9h27.
10h15.
11h00.
12h37.
12h45.
13h16.

Autant en une matinée, je n'aurais pas cru.

J'ai eu tellement peur de craquer, pas ici, pas comme ça, pas à mon boulot.
J'ai coupé l'intérieur de ma main avec le couteau de cuisine, juste assez pour saigner.
Et j'ai plongé ma main dans l'évier, rempli d'eau et de vinaigre.
Pour sentir et être emporté en quelques secondes par une douleur cuisante qui a rappelé mon cerveau
à l'ordre. La douleur s'est propagé dans tout le corps et ma tête est devenue silencieuse.
J'ai tenté de me concentrer sur ce mal pendant le temps qu'il me restait à travailler.
Et je suis sortie, épuisée, à 14h45.

Avalé trois café en moins de cinq minutes pour couper l'herbe sous le pied de la faim.
Qui ne devait pas me prendre.

16h15.
Je file m'acheter un agenda avant d'aller bosser.
Pour continuer à noter le nombre de calories que j'ingère, savoir chaque jour ce que j'ai mangé, gardé.

18h.
Je sors du travail. On m'a proposé un morceau de gateau.
Je l'a mangé pour faire plaisir.
Passé une heure et demie, à surveiller les enfants, la main dans mon sac, pressée sur le cutter, suffisamment
pour faire rentrer la lame dans ma blessure déjà ouverte, pour me punir.

20h10.
Je pose le fer à repasser, une demie-heure de vomissement, trois cigarettes me foutent la tête à l'envers.
Je me sens mal. Il faut que je m'allonge.

21h30.
J'essaie de manger. Une heure après toute la famille, pour qu'il ne me voit pas mettre dans ma bouche
cette infame pourriture qui me garde en vie.

22h37.
Je ne plus envie de parler. Les coups de fil affluent, de tout le monde, comme tous les soirs.
Des nouvelles, nous voulons des nouvelles.
Pas ce soir, pitié, pas ce soir,
J'ai avalé 8 laxatifs, trois spasfonds, deux ibuprofènes, trois anxiolytiques, mes cinq cachets pour maigrir.
Une fois mon cocktail salvateur ingéré, je m'effondre dans mon lit.
Je tente une connexion msn pour y trouver ma princesse, elle est surement couchée.

Je ne me rappelle plus de rien.
Avoir juste sombré dans un sommeil sans rêve.
L'angoisse m'ai saisie ce matin.
Je n'ai bu que deux café.
Mangé une clémentine.

Je suis tombée sur un vidéo de moi hier, du mois de février.
J'étais si mince.
L'électrochoc a été immédiat.
Je n'avale plus rien.
Je veux retrouver ce corps inexistant.
Alors je n'arrêterais pas la cigarette.
Je ne retrouverais pas l'appétit.
Je n'arrêterais plus tout ça.

Il faut que je redevienne celle que j'étais, celle en qui je croyais.
Plus ce tas informe que je ne reconnais plus, perdue entre une envie de s'en sortir
qui n'est pas la mienne et dont les autres me martèlent l'esprit, et une petite fille
qui ne rêve que de disparaître pour son monde de bulles en savon.

Laissez moi un peu de temps, de paix, et je me reconstruirais dans ce qui me semble juste.

Destruction massive.



All alone.
It's time to leave.
All I've done,
Makes me dying.

Rien n'est fait un hasard
J'ai l'espoir de mieux.
Tu parles Charles,
J'ai l'espoir d'un trou noir.
Qui d'après mon inventeur
Fait le bruit d'un si bémol
57 octaves en dessous, ça fait peur
D'un do qu'on passe à la casserole.

Je suis énervée
Fâchée de ce corps épuisé
Lourd que je traîne, fatiguée
J'ai beau ne plus manger, me gaver
De cachets, de remèdes de sorcières
Compter les soirs de lune mes somnifères
A moitié habillée sur un balcon glacé
Pour brûler des calories en me faisant trembler.
Il ne fond pas, ne se dématérialise pas.
J'ai peur de ne plus rien manger
De m'écrouler en travail, je ne peux pas
Besoin d'argent pour ce qui va arriver.

Si je pouvais m'arrêter,
De vivre cette vie de tous
Et enfin trouver
Le silence qui m'éclabousse,
Je le ferais, heureuse
De m'asseoir, le soir sur mon canapé
Regarder mon corps de disgracieuse
Et encore et toujours, le torturer.

Je m'aime plus.

Coincée derrière la porte.



1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 , je ne sais plus…
Je les avale sans les compter.
Et les espère efficaces.

Acharnée dans la douleur.
Effacée dans la peur.
Agacée dans leur froideur.
Je m'en fous de ton odeur.

Réflexions déplacées ce matin
En pleine gueule je t'aurais lancé le pain
Est-ce que je me permettrais Monsieur chagrin
De critiquer ta façon de vivre, pauvre crétin…

Je n'aurais pas du faire ça.
Je ne veux même pas savoir.
Ce que tu rêve sans moi.
Si elle vit votre histoire.

Après tout, quelle importance
Dans cette foutue balance.
J'ai tant rêvé de l'hôpital
De leur blancheur de cristal.

Endormie hier soir dans le froid glacial
De n'avoir aucune place ou être bien
Sous la couette j'aurais voulu avoir mal
Pour ressentir le manque de quelqu'un.

Et rien n'est venu.
Le vide, l'absence, le rien.
Coquille vide, je suis à pleurer…

De l'air, j'étouffe.



Ne me quitte pas l'angoisse sourde.
Mon coeur se sert, comprimé dans cette chair que je hais.
Rien avalé ce jour, je tiendrais bon.
Il faut faire fondre cette honte.
Plus j'entends, plus je vois des horreurs, plus je me dit que je devrais aller bien.
Et plus je me sens mal.
Tout ça marche à l'envers.

J'ai si peur.
L'appartement, bientôt.
Il y aura la solitude que j'aime tant.
Le silence dans les verres de sang.
Le calme dans la musique.
Et le rien.
Vais-je à la vie ou à la mort ?
Je n'en ai aucune idée.

Mais je ne peux plus rester ici.
Ou ma respiration finira par se couper.