
La peau, la chair, les os
Nourriture oublie moi
Laisse moi m'envoler haut
Je ne veux pas de toi.
Corps disgracieux
Mais bon sang, ouvre les yeux
Faiblesse, fais de ton mieux
Pour me faire croire un peu.
Maladie orpheline
Vécue comme un poison
Regarde je dessine
Les os saillants, la dissolution
De toute forme d'existence
Pour m'en tenir à la conscience
Tête détachée du corps
Je ne suis pas d'accord.
Qu'elle disparaisse, loin, derrière ses vêtements
Flottent, et s'envolent au gré du vent
Je veux n'exister que dans un courant d'air
Faire la paix, l'amour, et la guerre
A cette matière qui m'est insupportable
La peau qui recouvre, innomable
Miroirs, loin de ma vue, de mon esprit
Je ne veux pas regarder ce que je suis.
Evaporée dans une douce effervescence
Je voudrais n'exister que de conscience
M'évader loin d'une enveloppe corporelle
Qui m'empêche d'ouvrir mes ailes.
Ne trichons plus toutes les deux
Tu es mon indésirable, ma hantise
Faisons en sorte que tout soit pour le mieux
Vas-t'en, ne me crois pas indécise.
Garder la faim pour la force pure
S'épuiser, se croire plus douce que la torture
Guérir de ça ? Non, je ne sais pas faire
Mon paradis devient doucement mon enfer.
Abandonner le reste, je le ferais
Sourires manifestes, je les croirais
Aux crises je ferais un signe de la main
S'il le faut, j'anéantirais ce désir malsain
Mais ce démon ne quitte pas ma vie
Manger, pour quoi, surtout pour qui
Jeûne, c'est si pitoyable,
Mais pardonnez moi, je ne suis pas capable…