Exagération(s)



Pensée effrayante,
Je voudrais l'éclatante
Envie d'être vivante,
Perdue dans mon ventre.

Idée d'épicure,
Le plaisir et la luxure,
L'envie et la torture
Jeux à thêmes, brisures…

Eclabousse-moi,
D'un peu de toi
Qu'un peu je crois
Beaucoup je vois.

Je n'arrive plus à réfléchir,
A quoi faire de ma vie,
Si le meilleur ou le pire
Serait de retourner dans le lit.
Froid de l'hôpital et pour de vrai
Me soigner sans faire exprès
Ressortir dans quelques mois
Enfin guérie et sûre de moi
Mais l'ennui me terrifie
Les soignants, leurs mots, leurs non-dits
Parler de moi, je n'en peux plus
Alors je sèche, être-vous déçus ?

Débranchez moi
Videz ma tête de ce métal
Arrachez ces câbles et faites moi mal
Réanimez l'animal…

Anne Au Rexie

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Envie de râler pour rien.
Pas d'inspiration.
Machine à café trop loin.
Mal au ventre de toute façon.

Je voulais pas parler de toi
Mais finalement je n'ai pas le choix
Tu cries dans mes jours et mes nuits
Dans cette balance que j'aimerais avoir comme amie.

Petite sotte ridicule,
Continue, vas-y recule
Tu ne fais rien
Pour te sentir bien.

Dégoutée de la nourriture
Je me sens tellement sale
D'avoir mangé, gardé, pourriture
Tout ça n'est plus normal.

Cigarette me brûle les poumons
Je me détruis pour de bon
Je ne veux pas faire ça
Mais comprenez, je n'y arrive pas.

Il ne faut pas m'en vouloir
Je fais beaucoup d'efforts
Qu'on ne voit pas, ou trop tard
Douce ironie, triste sort.

Retour en phase de dégoût profond
Ou je ne peux plus rien avaler
Pour combien de temps, pour de bon
Je veux me sentir glisser.

Vomir, encore, de plus en plus
Oui je me plains, mais je n'en peux plus
La bouffe est ma pire ennemie
Si je pouvais, j'aurais choisi.

D'avoir un autre point de vue
Sur la chose, et j'aurais mieux vécu
Un morceau de pain que j'avale
Et que j'aurais trouvé tout à fait normal.

Manque d'objectivité, la chair me hante
Je crois que je suis defficiente
Je suis désolée, ça tourne à l'envers
Dans ma tête, tout est monté de travers.

Transparence…

Electrique musique.

x


La boîte à musique se fait cristalline
La douceur du son me satine
Je prends mon pinceau et je dessine
Moitié rose, moitié églantine.

Aux soupirs de nos déraisons
Nos rencontres, nos dissolutions
J'ajoute un point d'interrogation
Pour combien de temps, ce diapason ?

Musicienne, fais voler les trilles et les mordants
Qui ponctuent la musique que tu entends
Rejoue la gamme, embrasée par la mélodie
Qui dans tes doigts devient magie.

Esthète de la douceur d'une touche noire
Blancheur mineure d'un léger désespoir
Voluptés explosives de ta composition
Je suis amoureuse de ta folie, de ta passion.

Joue encore, encore et encore
Pour moi, jusqu'à la vie, jusqu'à la mort
N'oublie pas que tes mains sont un trésor
Qui valent cent fois plus que de l'or…

Et alors ?

x

A trop vouloir se poser des questions
On finira par en oublier les raisons
J'arrête là le jeu des chansons
Je trouve pas de réponse, à quoi bon ?

J'ai failli mettre la tête dans le micro-ondes
Et tourner le bouton, juste par curiosité
Je voulais pas mourir, c'est trop immonde
De finir la tête complètement explosée.

Mais je serais peut être ressortie un peu plus cuite
Un peu plus sûre de moi, un peu plus construite
Mais j'ai pas pu fermer la porte, ça coinçait
Faute de quoi, j'ai laisse tombé, ça l'a pas fait.

J'ai presque plus de cigarettes
Et j'ai mal à la tête
De fumer autant pour couper
La faim qui ne cesse de me tirailler.

Heureuse, malheureuse ?
Je saurais même pas dire.
Un peu trop silencieuse,
Ca reste quand même le pire.

Je vais aller prendre l'air
M'asseoir par terre
Sentir qu'il reste la terre
Pour apprécier mon derrière.

Et puis en rentrant qui sait
J'aurais envie de composer
Fais chier l'inspiration qui sait
Quand venir et quand se cacher.

Tout ça pour ça,
Ca valait pas le coup
Mais on se refait pas
Ecrire pour rien, j'écris pour nous.

You have to enjoy.

x


 


Fous toi de ma gueule.


Pendant que je rigole.


Moi je dégringole


Et je me sens seule.


 


Mais continue, ne t'arrête pas


Je te sens le long de mes bras


Ces cicatrices qui ne partiront pas


C'est à toi que je les dois.


 


Je dois te remercier ou te détester ?


Libre à toi de décider.


Quoi qu'il en soit c'est terminé


Je ne veux plus te regarder.


 


Avons-nous vraiment choisi ?


De faire ensemble un chemin de vie ?


Même si tu m'as beaucoup appris


Je n'ai pas besoin de ce genre d'amis.


 


Alors maintenant ne dis plus rien


Vas-t'en, loin, le plus loin


Ne t'avise pas de croiser mon chemin


Ou ça pourrait bien être ta fin.

Hérésie.


 


La peau, la chair, les os


Nourriture oublie moi


Laisse moi m'envoler haut


Je ne veux pas de toi.


Corps disgracieux


Mais bon sang, ouvre les yeux


Faiblesse, fais de ton mieux


Pour me faire croire un peu.


Maladie orpheline


Vécue comme un poison


Regarde je dessine


Les os saillants, la dissolution


De toute forme d'existence


Pour m'en tenir à la conscience


Tête détachée du corps


Je ne suis pas d'accord.


 


Qu'elle disparaisse, loin, derrière ses vêtements


Flottent, et s'envolent au gré du vent


Je veux n'exister que dans un courant d'air


Faire la paix, l'amour, et la guerre


A cette matière qui m'est insupportable


La peau qui recouvre, innomable


Miroirs, loin de ma vue, de mon esprit


Je ne veux pas regarder ce que je suis.


Evaporée dans une douce effervescence


Je voudrais n'exister que de conscience


M'évader loin d'une enveloppe corporelle


Qui m'empêche d'ouvrir mes ailes.


 


Ne trichons plus toutes les deux


Tu es mon indésirable, ma hantise


Faisons en sorte que tout soit pour le mieux


Vas-t'en, ne me crois pas indécise.


Garder la faim pour la force pure


S'épuiser, se croire plus douce que la torture


Guérir de ça ? Non, je ne sais pas faire


Mon paradis devient doucement mon enfer.


 


Abandonner le reste, je le ferais


Sourires manifestes, je les croirais


Aux crises je ferais un signe de la main


S'il le faut, j'anéantirais ce désir malsain


Mais ce démon ne quitte pas ma vie


Manger, pour quoi, surtout pour qui


Jeûne,  c'est si pitoyable,


Mais pardonnez moi, je ne suis pas capable…

Pirouette, cacahuète. ( Tu me manques.)



Le temps s'amuse, à ne pas savoir
De quel couleur il sera aujourd'hui
Le ciel ressemble à une poire
Pas vraiment mûre, un gâteau pas cuit.
La porte fermée, l'imagination me prend
M'attrape au ventre et me transcende
Les mots se font nombreux et décadents
Il faudrait que j'aille prendre l'air, que je descende.
Mais je n'ai envie de rien pour l'instant
Simplement de ressentir le vide qui m'effraie
Savoir l'apprivoiser et l'aimer simplement
Pour me dire qu'en lui, je me sens vraie.

Un sourire décroché au coin d'un couloir
Les princesses ici ont la tristesse au regard
Copiées, collées, nous vivons tellement la même chose
Et les mêmes solutions, toujours, qu'on nous propose.
Mais peut importe, la solution est en chacun de nous
Il suffit d'en faire le tour, couchée, assise, debout
Regarder le monde à l'envers suffit parfois
A comprendre ce qu'on peut bien faire là.
J'ai mis la tête en les jambes, acrobate
Le sang remonte au cerveau, je flanche
Une roulade, une pirouette, ca me gratte
Les cheveux sur la couette pas trop blanche.

J'y comprends rien à aller bien
J'y comprends plus à ressentir
Surement qu'on verra ça demain
Quand il faudra devant la psy se dévêtir.
Je guette la crise, l'angoisse assourdissante
Et je l'enterre au fond d'une pensée irrationnelle
Même si les terreurs se font grandissantes
Je les balancerais au bout du ciel.
J'en veux plus de la mort et du sang
En tout cas, plus pour le moment
Espérons que la force me suffira
Pour continuer à avancer en croyant en moi.

Laissez-moi leur mentir.


Piano décharné, à la taille des mensonges
Monsieur dit-moi, raconte moi encore
Comment tu joue avec l'éponge
Pour nettoyer le coeur des morts.
Je veux comprendre le sens du vent
Savoir si le monde, quand il m'entend
Prendra le temps d'un petit déjeuner
Pour m'expliquer sa façon de tourner.
Disparition du miroir au fond du coeur
Je ne veux plus voir leurs préjugés
Soyez peureux, exagérés, menteurs
La vie ne pourra vous recracher.
Il faut de tout pour faire une vie
Des bons, méchants, des cons aussi
Equilibre parfait de personnalités
A moitié fausses, moitié emmêlées.
Réglement drastique, peau électrique
Je regarde une cicatrice guérir d'une autre
La fenêtre ne ferme pas les vitres
Ce sont les miennes, ce sont les nôtres.
Les mots assemblés n'ont pas de sens
Par pitié, un peu de votre condescendance
Je n'ai pas parlé depuis si longtemps
Faire une phrase me prend du temps.
Mais bientôt, il crachera sur moi
Avec le mépris et la haine qu'il aura
Et je baisserais les yeux, honteuse
Mais je n'en serais pas moins silencieuse.
Je veux comprendre, à en crever
Les fils qui tiennent nos corps fragiles
Je veux apprendre, à en exploser
L'amour sur un battement de cil.
Fais moi confiance petite princesse
J'ai le chemin et même l'adresse,
Allons botter le cul de la sagesse
Et la consoler avec tendresse.

Le bonheur ?



Le ciel s'énerve
La chambre s'assombrit
Ce soir la nature m'a sauvée
D'un mal-être insoumis.

L'orage se déchaîne
Je n'ai pas peur
Pourvu qu'il m'emmène
Et dure pendant des heures.

Tout est noir de rage
La pluie se déverse, coléreuse
Je continue de tourner les pages
D'une vie que je veux heureuse.

La clinique se fait silencieuse
S'en vont dormir toutes les dépressions
Mal qui ronge les jolies danseuses
Qui se promènent sans raison.

Ce soir, j'aimerais ne pas prendre
Aucun cachet, aucun somnifère
Pour regarder la nuit me prendre
Le matin se lever d'un sommeil amer.

Tordus sous les glaçons
Les arbres courbent la tête
La lune cherche avec émotion
Un endroit ou se mettre.

Je n'ai plus peur
D'être seule ce soir
Plus de terreurs
Je connais ton regard.

Même si l'espoir est fragile
Et la douceur du soir infantile
Je n'ai rien vu d'aussi beau
Que le silence dans tes mots.

Alors je m'endormirais
Confiante d'un jour nouveau
Et demain je sourirais
Pour faire marrer les moineaux.

J'irais courir à m'en étouffer
Je veux sentir la vie en moi
Je n'ai plus l'habitude, effrayée
Mais qu'importe c'est mon combat.

Tombe encore, inonde la terre
Recouvre d'eau toutes mes blessures
Maintenant je te laisse faire
Plus d'inquiétude, je suis en lieu sûr.

Rhétoriques inepties.


 


Explosion.


Déraison.


Mutilation.


Incompréhension.


 


Solitude.


Inaptitude.


Exactitude.


 


Ecrasée, mutilée


Eventrée.


 


Cicatrices


Se meurent de rire


Délices


De décadence post-sourire.


Floraison


Chiasme diabolique


Sans façon


Espoir neurasthénique.