
Dis moi, pourquoi ma tête ne tourne pas ?
Dis moi trésor, pourquoi mon coeur ne bats pas ?
Y'a t'il une raison à ma tristesse, qui ne me quitte plus ?
Je me suis mise à pleurer, de l'avoir vue si belle.
J'aurais du être heureuse, et la jalousie m'a ouvert le ventre.
Devenue si superficielle…
J'ai tant aimé ce corps décharné.
Cette peau lacérée.
Ces bleus qui refusaient de guérir, preuve inaltérable de ma souffrance,
et de mon corps en destruction.
Pourquoi manquer de ça ?
Pourquoi s'attacher autant à avoir mal ?
Je les rêves en silences, ces instants si durs.
Ou j'avais l'impression douce et chaude de ressentir quelque chose.
Mon cerveau a été pourri, renversé par tous ces médicaments que je refuse de
prendre, pour sentir la douleur en pleine figure, comme un vent glacé d'automne
cinglant.
Je voudrais avoir mal.
Et ne même pas avoir honte de le dire.
Je veux sentir.
Pincer mon coeur jusqu'au sang,
Sentir couler ce liquide chaud et rassurant, qui me dit que je suis un peu plus qu'un cadavre.
Ce matin, au travail, j'ai senti le bonheur.
Venu me chatouiller les cheveux.
Sensation que je ne connais que trop peu.
J'ai eu tellement peur que je me suis mise à pleurer, cachée dans la chambre froide,
pour qu'on ne remarque rien.
Une minuscule tarte aux poires que mon chef m'avait laissé, pour me faire plaisir.
Je l'ai maudit. Voulu me faire plaisir, je me suis trouvée ridicule, avec 50 grammes de honte
posés dans ma main. Je l'ai jetée. Respiré un grand coup. Chassé loin de moi cette sensation
de bien-être qui m'a plus fait mal qu'autre chose.
Je suis surement destinée à ne jamais guérir.
Vais voir ma Juliette dimanche.
Elle saura me botter le cul, et me dire de m'accrocher.
Et comme à chaque fois, je lui sourirais, lui promettant ce que je ne saurais
tenir. Mais je veux la voir heureuse, je veux qu'elle croit en moi, même si je n'ai
plus aucun espoir. De vie, de clinique, de guérison, de paix.
Que ma tête tourne… et que je m'écroule sur le sol, de n'avoir plus mangé
depuis des jours. Perdre connaissance, me réveiller, le bracelet blanc autour du bras.
Une infirmière qui me sourira, sans rien savoir de ma vie.
Peser moins lourd que ma petite soeur, pouvoir m'envoler dans un souffle de vent.
Trois kilos en deux jours. Méthode toujours efficace, j'aurais du y penser avant.
Je vais me détruire trois fois plus vite, mais je m'en fous.
J'essaierais de croire dans tous ces moments qui me restent.
Sans rien espérer d'autre.
Je ne veux pas guérir.
Tant pis si vous me haïssez de dire ça.
Mais je n'ai plus aucune force, et la fatigue a fini par me tuer.
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